jeudi 16 mai 2013

La Richardais Village, naissance d’une association citoyenne



La Richardais Village s’est créée il y a quelques mois pour défendre notre cadre de vie contre les incroyables projets immobiliers de la municipalité, découverts par hasard. Rassemblant plus d’une trentaine d’adhérents en quelques semaines, nous n’avons eu de cesse de savoir ce qui se tramait et nous avons fini par avoir accès (brièvement) à la plupart des dossiers. Voici quelques unes des surprises qui nous ont révoltés :
Depuis 2009, Monsieur Ohier, alors premier adjoint, chargé de l’urbanisme, prépare le projet de PLU (Plan Local d’Urbanisme) à l’aide du cabinet de conseil normand Planis, tout en promettant une large concertation. De premiers ateliers soi-disant publics sont organisés sur quatre thèmes début 2010. Vous n’en avez pas entendu parler ? C’est normal : M. Ohier a préféré restreindre la participation à une poignée de personnes bien maîtrisée : conseillers municipaux et pour certains leurs conjoints, consultants du cabinet, agents municipaux, associations triées sur le volet et … c’est tout ! Au total seules 19 personnes auront pu suivre un des débats et ceux qui sont venus sans invitation sont vertement tancés. Restez chez vous, c’est de votre avenir qu’on parle !

Las ! Le résultat de ces ateliers est particulièrement creux. Il faut encore un an et plusieurs intervenants de Planis pour arriver à rédiger le PADD (Plan d’Aménagement et de Développement Durable), pré-requis indispensable pour un projet de PLU. Enfin il paraît à l’été 2011 et semble cousu de bonnes intentions. On y lit que « dans la zone littorale on doit modérer les constructions ». Vraiment ? Non… Dans le même temps on accorde le permis de construire à un programme de 24 logements à 50 m de la Rance, impasse Piqueriotte.

Mais peu importe, le PADD est publié et on peut passer aux choses sérieuses avec le projet de PLU. Les élus « ad hoc », triés sur le volet, se fixent un  horizon : 2024, et un objectif quasi mythique: 296 logements en plus. Pourquoi 296 ? Nous avons posé la question aux services municipaux. Et la réponse nous a sidérés : c’est parce qu’ils ont recensé environ 15 hectares à urbaniser sur la commune et qu’en y mettant 20 logements à l’hectare, ils ont trouvé 296 logements. C’est tout simple, leur urbanisme ! Quand Monsieur Ohier nous parlait de la nécessité de construire à ce rythme, nous croyions au départ qu’il s’agissait d’une obligation venue d’un échelon supérieur, on nous brandissait même le Grenelle de l’environnement… En fait c’était un calcul… de promoteur immobilier !

Et les logements sociaux dans tout ça ? La population richardaisienne vieillit, des classes d’écoles sont clairement menacées… et la plupart des jeunes ménages ne peuvent plus acquérir de logement sur la commune vu le prix de l’immobilier. Il faut les aider. Dans le PADD, on se borne pourtant à s’aligner sur les exigences basses du PLH (Plan Local de l’Habitat) de la Communauté de Communes : 30% des constructions nouvelles à La Richardais doivent être des logements sociaux. En 2024 peut-être ? Car dans ces 5 années de mandat Brindejonc, aucun logement social n’a été construit sur notre commune ! Les jeunes iront s’installer ailleurs !

Et puis fin 2012, nous avons surpris deux fois M. Brindejonc et M. Ohier, main dans la main, à arpenter des jardins privés du centre bourg. Auraient-ils été séduits par ce qui fait la particularité et le charme de notre petit village de La Richardais : des jardins non attenants aux maisons, regroupés dans un îlot de verdure ? Pas du tout ! Ils ont repéré une « dent creuse » en plein centre et ils viennent voir comment la plomber. La dent creuse est  la bête noire du Grenelle de l’environnement et le délice du promoteur immobilier. Le 7 janvier 2013, alors que ce projet semble sérieusement compromis devant nos levées de bouclier, Planis vient de présenter une 3ème version, insérant cette fois 22 logements dans les 7000m² de jardins du centre historique. On se tasse s’il-vous-plaît ! Vous n’avez plus un m² de pelouse ? Les tondeuses et les annexes peuvent être revendues à profit. Votre potager ? Le Grenelle de l’environnement est contre : rendez-vous au rayon fruits et légumes de votre supermarché !

L’histoire n’est pas terminée. D’autres projets vont être votés prochainement et l’Association ne va pas laisser tomber sa cause citoyenne : défendre notre cadre de vie et tenter de faire entendre à la municipalité qu’un projet de PLU ne doit pas être mené en catimini. Il doit être l’occasion au contraire de débattre de l’avenir de la commune, de confronter nos visions et de chercher ensemble les meilleures options de développement. Nous avons donc demandé à Monsieur Ohier, dès son élection, d’être partie prenante dans cette réflexion et nous venons de recevoir sa réponse : un registre d’observations est ouvert en mairie et nous pouvons y déposer nos remarques… Décidément, la concertation continue !

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