La Richardais Village s’est créée
il y a quelques mois pour défendre notre cadre de vie contre les incroyables
projets immobiliers de la municipalité, découverts par hasard. Rassemblant plus
d’une trentaine d’adhérents en quelques semaines, nous n’avons eu de cesse de
savoir ce qui se tramait et nous avons fini par avoir accès (brièvement) à la
plupart des dossiers. Voici quelques unes des surprises qui nous ont
révoltés :
Depuis 2009, Monsieur Ohier,
alors premier adjoint, chargé de l’urbanisme, prépare le projet de PLU (Plan
Local d’Urbanisme) à l’aide du cabinet de conseil normand Planis, tout en
promettant une large concertation. De premiers ateliers soi-disant publics sont
organisés sur quatre thèmes début 2010. Vous n’en avez pas entendu
parler ? C’est normal : M. Ohier a préféré restreindre la
participation à une poignée de personnes bien maîtrisée : conseillers municipaux
et pour certains leurs conjoints, consultants du cabinet, agents municipaux, associations
triées sur le volet et … c’est tout ! Au total seules 19 personnes auront
pu suivre un des débats et ceux qui sont venus sans invitation sont vertement
tancés. Restez chez vous, c’est de votre avenir qu’on parle !
Las ! Le résultat de ces
ateliers est particulièrement creux. Il faut encore un an et plusieurs
intervenants de Planis pour arriver à rédiger le PADD (Plan d’Aménagement et de
Développement Durable), pré-requis indispensable pour un projet de PLU. Enfin
il paraît à l’été 2011 et semble cousu de bonnes intentions. On y lit que
« dans la zone littorale on doit modérer les constructions ».
Vraiment ? Non… Dans le même temps on accorde le permis de construire à un
programme de 24 logements à 50 m de la Rance, impasse Piqueriotte.
Mais peu importe, le PADD est
publié et on peut passer aux choses sérieuses avec le projet de PLU. Les élus
« ad hoc », triés sur le volet, se fixent un horizon : 2024, et un objectif quasi
mythique: 296 logements en plus. Pourquoi 296 ? Nous avons posé la
question aux services municipaux. Et la réponse nous a sidérés : c’est
parce qu’ils ont recensé environ 15 hectares à urbaniser sur la commune et
qu’en y mettant 20 logements à l’hectare, ils ont trouvé 296 logements. C’est
tout simple, leur urbanisme ! Quand Monsieur Ohier nous parlait de la
nécessité de construire à ce rythme, nous croyions au départ qu’il s’agissait
d’une obligation venue d’un échelon supérieur, on nous brandissait même le
Grenelle de l’environnement… En fait c’était un calcul… de promoteur
immobilier !
Et les logements sociaux dans
tout ça ? La population richardaisienne vieillit, des classes d’écoles sont
clairement menacées… et la plupart des jeunes ménages ne peuvent plus acquérir
de logement sur la commune vu le prix de l’immobilier. Il faut les aider. Dans
le PADD, on se borne pourtant à s’aligner sur les exigences basses du PLH (Plan
Local de l’Habitat) de la Communauté de Communes : 30% des constructions
nouvelles à La Richardais doivent être des logements sociaux. En 2024
peut-être ? Car dans ces 5 années de mandat Brindejonc, aucun logement
social n’a été construit sur notre commune ! Les jeunes iront s’installer
ailleurs !
Et puis fin 2012, nous avons
surpris deux fois M. Brindejonc et M. Ohier, main dans la main, à arpenter des
jardins privés du centre bourg. Auraient-ils été séduits par ce qui fait la
particularité et le charme de notre petit village de La Richardais : des
jardins non attenants aux maisons, regroupés dans un îlot de verdure ? Pas
du tout ! Ils ont repéré une « dent creuse » en plein centre et
ils viennent voir comment la plomber. La dent creuse est la bête noire du Grenelle de l’environnement
et le délice du promoteur immobilier. Le 7 janvier 2013, alors que ce projet semble
sérieusement compromis devant nos levées de bouclier, Planis vient de présenter
une 3ème version, insérant cette fois 22 logements dans les 7000m²
de jardins du centre historique. On se tasse s’il-vous-plaît ! Vous n’avez
plus un m² de pelouse ? Les tondeuses et les annexes peuvent être
revendues à profit. Votre potager ? Le Grenelle de l’environnement est
contre : rendez-vous au rayon fruits et légumes de votre
supermarché !
L’histoire n’est pas terminée.
D’autres projets vont être votés prochainement et l’Association ne va pas
laisser tomber sa cause citoyenne : défendre notre cadre de vie et tenter
de faire entendre à la municipalité qu’un projet de PLU ne doit pas être mené
en catimini. Il doit être l’occasion au contraire de débattre de l’avenir de la
commune, de confronter nos visions et de chercher ensemble les meilleures
options de développement. Nous avons donc demandé à Monsieur Ohier, dès son
élection, d’être partie prenante dans cette réflexion et nous venons de
recevoir sa réponse : un registre d’observations est ouvert en mairie et
nous pouvons y déposer nos remarques… Décidément, la concertation
continue !
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